Tout à l'heure j'me suis regardée dans la glace.
J'suis restée là plantée pendant 5 bonnes minutes à m'observer de la tête aux pieds. Mise à part me regarder d'extérieur, j'ai essayé de me rappeller, de réfléchir. J'ai pensé à ce que j'avais fait depuis que j'suis née, ce que j'ai réussi, ce que j'ai échoué, de quoi j'peux être fière, de quoi je devrais avoir honte... J'me suis posée des questions, ou plutôt j'me suis remise en question.
J'ai réalisé que tout n'était que du vent. Enfait j'ai rien foutu dans ma vie. J'ai passé 19 ans à perdre presque mon temps, à profiter de rien en attendant que tout arrive. J'ai rien provoqué, j'ai rien fait pour faire pencher la balance de mon coté. J'ai une vie tellement banale comme tellement de monde. J'ai jamais rien à raconter, jamais d'histoire passionnante à faire envier. J'suis désespérément normale en étant totalement à part. J'ai l'impression que personne peut me comprendre ( sauf mon clône ) mais j'ai pas envie d'être comprise. Je tourne dans cette spirale sans en voir la fin, une fin qui sera jamais comme je l'imagine car je suis trop naïve.
Naïveté et lâcheté, maîtres mots de mon existence. C'est tellement plus facile de se cacher derrière des idées plutôt que d'assumer des envies et d'y aller jusqu'au bout. C'est tellement facile d'ignorer plutôt que de confronter quelque chose qui déplaît. C'est tellement plus facile de se taire et de souffrir en silence, tout en regardant ce qui nous fait mal, à croire que c'est plus fort que nous. On vit sa vie par procuration parce que c'est tellement plus beau ailleurs, ça nous éloigne de notre vérité ça nous fait rêver mais la chute est d'autant plus brutale. Alors quand on prend l'habitude, qu'on est loin si loin de toute réalité perchée là haut, qui vient nous chercher ? Personne puisque personne est là. On redescend petit à petit branche après branche jusqu'à toucher la terre ferme. Et là tout est noir, froid, moche mais on doit quand même avancer.
Alors quand enfin le soleil brillera, que le vent se calmera et que les nuages passeront. Vous le verrez. Ça sera indéniable, je serais changée. Enfin vous le verrez ou pas... Ça sera une bonne occasion d'ouvrir les yeux, les vrais. Mais pour le moment l'ombre est là, omniprésente, épaisse et couvrante. Vivement la lueur, car ça a l'air tellement bien, vous avez l'air tellement heureux et si légers de tout. Dans votre monde, tout parait tellement anodin alors que dans le mien, le notre; on psychote pour un rien.
Bientôt
Un jour
Demain